Il s’avère possible par l’image de suivre Catholiques et Protestants dans le dédale des ruelles et d’entendre encore tonner les canons placés par les Protestants au sommet de la rue de l’Anguille pour empêcher les Catholiques de reprendre la ville. Que cette recherche du temps perdu, si proche et si lointaine à la fois, nous appelle à la tolérance sans laquelle rien d’humain ne peut exister.
Les guerres de religion à Gaillac atteignirent une grande intensité comme dans bien peu de villes méridionales. Dans un conflit à la
fois religieux et politique, Catholiques et Protestants se livrèrent une guerre sans merci.
Le protestantisme à Gaillac va naître vers 1559 et se développer en 1561 avec l’arrivée du ministre Salicet venu du Rabastens. Très rapidement, on dénombra 200 Protestants parmi les bourgeois, les fonctionnaires, la classe aisée, sur une population de 3500 habitants. Dans l’ensemble, le petit peuple d’ouvriers agricoles resta fidèle au catholicisme dont il était dépendant car l’Eglise est à cette époque une grande propriétaire terrienne.
Le 8 février 1562, les Protestants s’emparent de
l’église St Pierre qu’ils saccagent, et vont multiplier les coups de force contre les autres églises, notamment St Michel et se rendent coupables de nombreuses exactions. Le jour de la Pentecôte
de la même année, la provocation de jeunes Protestants dans l’église St Michel, va déclencher les premières batailles de rues, où le Consul Cabrol sera tué et le ministre Salicet jeté dans un
puits. Une compagnie vient d’Albi, pour prêter main forte aux Catholiques et écrase les Huguenots. Des massacres et des pillages s’en suivent ; de nombreux Protestants sont jetés du haut des
remparts de l’Abbaye St Michel dans le Tarn.
La paix d’Amboise de 1533 permet aux Protestants de revenir en ville. Mais en 1568, avec la complicité des leurs, les Protestants s’emparent de la ville dont il seront maîtres pendant deux ans. Ils incendient le faubourg du Château de l’Hom et, à leur tour, massacrent des Catholiques qui sont précipités dans le Tarn. Pendant ces deux ans, il feront régner une morale rigoureuse, exposition et mutilation de l’oreille gauche des femmes de mauvaise vie par exemple.
En 1570, la paix de St Germain permit aux Catholiques de revenir et de reprendre le pouvoir. Deux ans plus tard, c’est la St Barthélémy. Le 5 octobre 1572 à Gaillac, 74 Protestants enfermés dans les tours Palmata, du Tarn, de Davalle, sont effroyablement massacrés alors que le Capitaine Mons est chargé de l’ordre dans la ville...
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Plan de Gaillac au XVIème siècle. Dessin de Hugonet
Gaillac comme bien des villes, doit beaucoup à la tradition chrétienne, d'abord son existence même par la fondation de l'abbaye bénédictine de Saint-Michel, mais également la création de son collège.
